Article paru dans L'Echo du vendredi 20 juillet 2018, page 13
 
Dans l'année qui vient, Marcolini compte ouvrir 3 points de vente à Pékin. Douze autres suivront, tous en Chine. Finance.brussels a mis la main au portefeuille.
 

Pierre Marcolini en Chine: acte 2. Après avoir ouvert quatre points de vente en Chine entre 2016 et 2017, le maître chocolatier Pierre Marcolini ne cache plus ses ambitions à l'heure d'évoquer l'Empire du Milieu. Et pour l'aider à assumer son appétit et à solidifier son expansion, l'artisan a pu compter sur un coup de pouce (financier) de finance.brussels. L'ex-SRIB n'a pas vraiment hésité à mettre la main au portefeuille et a octroyé un prêt de deux millions d'euros à Marcolini. Ce nouvel apport d'argent frais intervient un mois après la levée de fonds express d'un million d'euros bouclée en 48 heures grâce à la plateforme Look & Fin.

Vendredi, Pierre Marcolini et Serge Vilain, le président du comité de direction de finance.brussels étaient tous les deux présents dans l'usine de Pierre Marcolini à Haren afin de tracer pour nous les contours de ce prêt. L'occasion également de revenir sur l'historique de la relation de deux partenaires d'affaires devenus amis. Le moins que l'on puisse écrire est que les deux partenaires sont sur la même longueur d'onde.

Booster la présence en Chine

"Si on ne booste pas la présence de Marcolini en Chine, on va perdre tout l'effet positif de l'ouverture des magasins à Shanghai", entame Serge Vilain, qui s'est fait fort de convaincre le conseil d'administration de finance.brussels de mettre la main au portefeuille. "Pour le moment, on a le vent en poupe en Chine, l'idée est de garder ce rythme, mais nous voulons développer la Chine tout en gardant le contrôle au niveau de la production", ajoute le maître chocolatier. Depuis toujours, l'ensemble de la production est assuré en Belgique et rien ne devrait changer dans les années à venir. Bien sûr, pour mettre un pied en Chine, il a fallu s'associer avec un partenaire local, EverYi Capital, mais celui-ci reste minoritaire. Pierre Marcolini et ses actionnaires restent maîtres de leurs décisions. "En Chine, la partie alimentaire est un sujet hypersensible et le pays a connu quelques revers en la matière. Il faut aussi savoir que pour les Chinois, c'est un luxe de savoir que le chocolat est produit en Belgique", glisse encore le chocolatier.

Concrètement, les deux millions prêtés par finance.brussels ainsi qu'une partie du million levé par crowdlending vont permettre à Pierre Marcolini d'ouvrir trois magasins à Pékin dans l'année qui vient. Ce ne sera pas une mince affaire et pas question de se planter sur la localisation des magasins en question, ajoute Serge Vilain. Le repérage des points de vente en question a déjà été effectué par Renaud Mazière, le CEO du groupe.

Au-delà de ce prêt accordé, les banques et le partenaire chinois de Marcolini devraient également participer au financement de cette expansion chinoise qui, d'ici deux ans, devrait déboucher sur la présence de 19 points de vente dans l'Empire du Milieu.

C'est dans le courant du mois de juin 2015, lors de la visite d'Etat du roi Philippe en Chine, que les premières tractations ont commencé. Depuis,

le chocolatier a ouvert quatre points de vente: trois à Shanghai et un à Nanjing. D'ici quelques mois, trois points de vente seront ouverts à Pékin et douze autres suivront dans la foulée. D'ici trois à cinq ans, ce sont donc 19 points de vente Marcolini qui seront ouverts en Chine. "En Chine, nous sommes actuellement en équilibre, ce qui est une bonne nouvelle, mais pour avoir une taille critique, nous devrons attendre d'avoir 15 points de vente", explique Pierre Marcolini. Et ce dernier d'afficher son appétit. Actuellement, en Europe, le chocolatier réalise un chiffre d'affaires annuel de 25 millions d'euros. L'idée est de le doubler dans un laps de temps de trois à cinq ans. Au Japon, le chiffre d'affaires est de 35 millions d'euros par an, l'un des marchés phares pour le groupe.

"Je voudrais être un porte-étendard à l'étranger pour la nouvelle génération des chocolatiers belges", assume Pierre Marcolini, sous le regard bienveillant de Serge Vilain. Le président du comité de direction (sur le départ) de finance.brussels ne cache d'ailleurs pas sa fierté à l'heure d'évoquer sa relation avec celui qui, aujourd'hui, est devenu un ami. "Je me souviens encore des longues discussions qui ont prévalu lors de l'installation de Pierre Marcolini au Sablon. Il était le premier à le faire. Je constate que tous les chocolatiers l'ont suivi. Aujourd'hui, les tour-opérateurs s'arrêtent au Sablon grâce au chocolat. Quand on a vu les autres marques arriver, on a eu un peu peur, maintenant, on sait que tout le monde s'y retrouve", explique Serge Vilain.

La SRIB est entrée dans le capital de Marcolini en 1999, à hauteur de 19%, avant d'en sortir en 2007. Durant ce laps de temps, Marcolini a bien grandi. "Quand la SRIB est entrée, nous étions douze, quand elle est sortie du capital, nous étions plus de 80 et surtout, nous sommes passés d'un espace de 500 mètres carrés à notre usine de plus de 1.500 mètres carrés", précise le maître chocolatier.

Le mot de la fin (faim?), laissons-le

à Serge Vilain. "Notre relation avec Pierre, c'est une belle histoire. Nous sommes passés du petit artisan chocolatier qui chipotait dans son garage au maître chocolatier reconnu à l'international."

En route vers la Chine...

NICOLAS KESZEI ■ copyright