Serge Vilain "Je n'avais plus envie de travailler dans cette atmosphère"

 
L'Echo,
Sam. 28 juil. 2018, Page 16
 
 
Après plus de 28 ans à la tête de la SRIB, devenue Finance.Brussels, Serge Vilain a accepté de se confier. Une dernière fois.

Les phrases clés

"On a pris des risques et c'est normal. Ceux qui me critiquent oublient cette dimension.""J'ai exprimé mon point de vue avec vigueur et fermeté. Cela fait partie des choses.""Si je disais que j'ai tout réussi et que j'ai été super brillant, je serais un peu dikkenek."Cette fois, ça y est. Serge Vilain, l'ancien président du comité de direction de Finance.Brussels (ex-SRIB), est parti. Dès mardi, il sera remplacé par Pierre Hermant. Mais avant de terminer ses caisses et de plier bagages, il a accepté de répondre à nos questions. Une dernière fois. "Je viens de présider mon dernier conseil d'administration, celui de Brustart. C'était un moment symbolique, émouvant", nous confie-t-il, avant de préciser que cette prise de parole est sa dernière interview.

Nostalgique à l'heure de tourner la page? Bien entendu. "Oui, il y a de la nostalgie, que voulez-vous, cela fait plus de 50 ans que je travaille et plus de la moitié de ma vie professionnelle s'est faite ici." Venu de cabinets socialistes (André Cools et Philippe Moureaux, qu'il considère comme des pères spirituels), Serge Vilain est arrivé à la tête de la SRIB à moins de 40 ans, le 1er mai 1990. À cette époque, l'invest bruxellois comptait moins de 10 collaborateurs et détenait 25 millions d'euros de capital dont 5 investis dans 12 prêts. En trente ans, Serge Vilain a eu le temps de façonner la SRIB à son image, il ne s'en cache pas, et aujourd'hui, l'invest compte 46 collaborateurs avec 385 entreprises en portefeuille, que ce soit par le biais de prêts ou de capital. Les fonds propres de la Finance.Brussels s'élèvent à 175 millions d'euros, "sans la moindre intervention financière du gouvernement bruxellois", précise Serge Vilain, qui ajoute que la SRIB affiche un rendement de 1% par an sur 28 ans, "et tout ça, en prenant des claques". À propos de coups, nous y reviendrons.

Lève-tôt

Serge Vilain est un matinal, c'est dans sa nature. "J'ai toujours voulu me lever tôt le matin pour montrer à mon père que je travaillais. Ce matin, je suis tombé de mon lit à 5h00, mais c'est

normal, ce sont les derniers jours, il y a quelques noeuds à l'intérieur", confie celui qui explique avoir toujours beaucoup travaillé. Le moment aussi de présenter ses excuses à ses enfants. "Aujourd'hui, je m'occupe de mes petits-enfants, mais mes enfants ont payé la facture."

L'ex-président du comité de direction du Finance.Brussels estime aujourd'hui qu'il est temps de partir, de céder le témoin à son successeur. "Ce n'est pas un métier pénible, mais c'est stressant. Je sens que mon corps commence à dire que cela a duré trop longtemps. Je ne vais pas entrer dans le débat de la pension à 67 ans ou pas, mais honnêtement, je le vis physiquement moi-même. Je sens bien que moi qui pouvais faire trois nuits blanches d'affilée; dorénavant, c'est maximum une. Je n'ai pas de problème de santé, mais je sens que la corde a été bien tirée."

Soit. Nous entendons bien le message, mais ne soyons pas dupe. La faculté - ou non - de Serge Vilain de tenir trois nuits blanches d'affilée n'est certainement pas la vraie raison de son départ. Toute la ville bruisse de la rumeur selon laquelle le ministre tutelle de Finance.Brussels, Didier Gosuin, aurait voulu s'offrir le scalp de Serge Vilain avant les élections, un trophée à poser fièrement sur l'autel de la bonne gouvernance. Serge Vilain ne confirme pas. Mais n'infirme pas non plus. "Je m'en vais parce que j'ai décidé de m'en aller. Et j'ai décidé de m'en aller parce qu'effectivement, j'ai considéré que je n'avais plus envie de travailler dans cette atmosphère", précise-t-il, ajoutant qu'il avait atteint l'âge auquel il pouvait arrêter de travailler.

Il y a peu, pourtant, lorsque nous lui demandions quand il comptait rendre son tablier, Serge Vilain renvoyait inlassablement à la fin de son mandat actuel, soit en novembre 2020. Il évoque également des pressions familiales, lui demandant d'arrêter de travailler comme s'il était éternel. Mais il l'assure tout de même: il n'avait pas envie d'arrêter. "C'est vrai que ces deux

dernières années n'ont pas été tellement sympathiques. Est-ce dû au climat politique ou au climat plus général? On sous-estime également l'impact des réseaux sociaux". Il n'aime pas les réseaux sociaux, du moins il goûte peu les gens qui se croient permis de tout dire sous couvert d'une certaine impunité. "Je ne demande pas que tout le monde dise que la SRIB ou son patron ont tout fait merveilleusement, mais je demande un peu de respect". Pour lui, la société traverse une phase de transformation et il espère que cela ira dans le bon sens. Sans en être tout à fait convaincu. L'homme, issu du sérail socialiste, n'est très optimiste à ce propos. "Je crois que tout cela prépare à une société de moins en moins tolérante, pour laquelle la recherche de la vérité est de moins en moins souvent à l'ordre du jour. On a le droit de ne pas être d'accord avec moi, je n'ai pas la science infuse, mais j'ai le droit de m'exprimer sans être insulté."

On le sent, les critiques concernant les salaires des dirigeants de la SRIB ainsi que celles concernant son enveloppe de départ ont laissé des traces.

A ce titre, comme dernier acte avant de rendre les clés de la maison, Serge Vilain a, au nom de Finance.Brussels, décidé d'attaquer Walter Vandenbossche en justice. L'ancien vice-président de Finance.Brussels, en désaccord avec les termes de la convention de départ de Serge Vilain a contacté la presse pour dire sa façon de penser. Et délivré des données confidentielles qui, estime Serge Vilain, n'auraient pas dû dépasser le cercle du conseil d'administration. "Ce n'est pas gai de terminer sa carrière après deux années de turbulences. J'aurais préféré que cela soit moins heurté, mais je ne dois pas rougir de mon bilan. J'ai des dizaines de témoignages de gens qui m'appellent ou qui m'envoient des mails pour me remercier. Mais il est vrai que les dernières années ont été rock'n'roll."

Malgré ces dernières turbulences, le

bilan que Serge Vilain dresse après ces 28 ans passés à la barre de l'invest public bruxellois est positif. "Quand je suis arrivé en 1990, il y a eu une question parlementaire pour demander à quoi servait ce brol et exigeant qu'on le supprime. Aujourd'hui, je pense que plus personne n'oserait dire qu'il faut supprimer Finance.Brussels. Nous sommes le pôle financier de la Région, reconnu comme tel. Je ne dis pas qu'il n'y a pas des choses à améliorer. Si je disais que j'ai tout réussi et que j'ai été super brillant, que je n'ai connu aucun échec, je serais un peu dikkenek."

Filière socialiste

On l'a déjà dit, Serge Vilain se revendique du sérail socialiste et, dans son bureau, au milieu d'une série de photos personnelles trône un portrait d'André Cools, l'ancien président du parti socialiste abattu sur un parking de Cointe le 18 juillet 1991. Alors que l'on pensait que Serge Vilain avait été chef de cabinet d'André Cools, ce dernier corrige. "J'étais proche d'André Cools quand il était président du PS." D'accord, mais travaillait-il directement pour le maître de Flémalle? Long silence. "C'est une question difficile. Cools m'a envoyé dans les années 80 au cabinet du ministre du Budget. Il m'y a envoyé parce que j'étais inspecteur des Finances et parce qu'il voulait savoir ce qu'il se passait dans le cabinet. Je ne travaillais pas pour Cools, mais j'étais proche de lui." Une proximité avec la hiérarchie du parti socialiste qui a perduré lorsque Guy Spitaels a remplacé André Cools à la tête du parti. Ce marquage politique lui a-t-il permis de rester aussi longtemps à la tête de la SRIB? L'homme n'élude pas la question. "Si le PS n'avait pas été au pouvoir à la Région de 1998 à aujourd'hui, je ne serais sans doute plus là", concède-t-il, avant de préciser qu'il pensait que d'autres raisons permettaient d'expliquer sa longévité à la tête de l'invest public. "Ma gestion n'a pas été critiquée, on m'a inventé de faux scandales, il n'y en pas eu de vrais", explique-t-il, tout en reconnaissant que, dans certains dossiers, la SRIB avait perdu de l'argent. Il assure n'avoir jamais cherché à imposer ses vues politiques. "C'est un faux procès que certains ont voulu me faire. Je le vois bien aujourd'hui; les gens qui me félicitent sont des patrons issus du privé qui ne sont pas proches des idées que je défends au niveau personnel."

Pour lui, les choses sont simples. Impossible de faire d'omelettes sans casser d'oeufs. Pour le dire autrement, Serge Vilain estime qu'il n'est pas possible de faire du capital-risque sans jamais se tromper. "Il n'y a pas moyen de prendre des risques et de toujours gagner, c'est impossible. Parce que les affaires peuvent se retourner, parce qu'on n'a pas de boule de cristal,..."

À l'heure d'évoquer des pertes, tous les yeux se tournent vers Polygone, cette agence de communication appelée aux plus grandes destinées qui, in fine, s'est terminée par un naufrage sans nom pour la SRIB qui y a pris une déculottée de 4,6 millions d'euros. L'affaire avait pris une tournure judiciaire avec un volet pénal plutôt tendu. L'affaire portait sur les conditions de l'achat d'Hello Agency par Polygone suivi, un an plus tard, de la revente d'Hello Agency à une filiale de la SRIB, une opération marquée par une décote de 1,6 million d'euros. "Nous avons eu un non-lieu définitif au pénal dans cette affaire", nous a confié, plutôt satisfait, Serge Vilain. Et ce dernier d'expliquer que certaines parties civiles étaient intervenues pour contrer le réquisitoire du parquet. La justice, précise encore Serge Vilain, a été dure avec les parties civiles qui ont été condamnées à payer des indemnités.

Que retire-t-il comme leçons de cette aventure judiciaire? "Que le métier de patron de la SRIB est un métier très difficile. Cela a été très violent alors que j'avais l'intime conviction que nous n'avions rien à nous reprocher." Et Serge Vilain l'assure. Dans ce dossier, il a agi de bonne foi avec, en tête, le seul objectif de sauver des emplois en Région bruxelloise.

Il y a eu les coups durs, mais il y eu de belles réussites, également. Comme la sortie de Mobistar. "Sur le plan financier, c'est indiscutablement notre meilleur coup, qui nous a permis de dégager 120 millions d'euros de plus-value", se félicite encore aujourd'hui Serge Vilain. Cette opération permet encore aujourd'hui au gouvernement bruxellois de ne pas de voir injecter d'argent dans l'invest public, explique notre interlocuteur. Qui se souvient des remous créés lors de l'entrée de la SRIB dans le capital de l'opérateur de téléphonie mobile, à hauteur de 22%. "À l'époque, le commissaire du gouvernement voulait que le gouvernement mette son veto parce que si on me laissait faire, la Région devrait recapitaliser la SRIB." De pareils reproches ont également été formulés par rapport à la relation jugée trop proche entre la SRIB et l'organisateur de foires et de salons Artexis dans lequel l'invest public avait surinvesti. Finalement, poussée dans le dos par la pression médiatique et les autorités régionales, la SRIB avait dû sortir d'Artexis, une opération qui avait permis de dégager 7 millions d'euros de plus-value. Aujourd'hui encore, Serge Vilain regrette d'être sorti "si vite" d'Artexis. "Si nous étions sortis un an et demi plus tard d'Artexis, nous aurions réalisé une plus-value de 30 millions."

Marcolini, Delvaux & co...

Au rang des trophées de chasse à suspendre au-dessus de sa cheminée, Serge Vilain épinglerait bien la création de Brusoc, en 2001. Cette filiale de la SRIB, dont la mission est de soutenir la création et le développement de très petites entreprises dans les quartiers fragilisés, est une des fiertés de notre interlocuteur. "Je ne peux pas le nier, c'est dans ma conception des choses, avoir pu mettre l'expertise financière de la SRIB à la disposition des gens qui sont des exclus bancaires est une très grande fierté pour moi." Brusoc, assure Serge Vilain, a permis de créer des milliers d'emplois avec des gens qui ne sont "pas vraiment dans la richesse et l'abondance". 8.000 emplois directs créés, un taux d'échec de 20% - "ce qui est très

faible" -, voilà de quoi satisfaire notre homme. "Je suis fier de cela parce dans cette période où le vivre ensemble est si difficile, on a pu montrer que tous ces gens sont le reflet de la diversité et que, contrairement à ce que certains affirment de manière péremptoire, quand on prend la peine de s'attacher à ces gens, de ne pas les considérer comme des gens de peu d'importance, et qu'on leur fait sentir que l'on tient à eux, qu'on les respecte, c'est pour ces raisons que les résultats de Brusoc sont bons."

Serge Vilain le reconnaît, tous les dossiers n'atterrissent pas sur la table de la SRIB. Mais il se félicite aujourd'hui de quelques investissements emblématiques. Comme c'est le cas avec Pierre Marcolini, le maître-chocolatier à qui Finance. Brussels vient d'octroyer un prêt de 2 millions d'euros afin d'assurer son expansion en Chine. Ou les gaufres Milcamps, l'une des premières sociétés de Serge Litvine, le restaurateur qui n'en finit pas de collectionner les étoiles.(Villa Lorraine, Villa in the sky, Odette en ville,...). "Si Litvine est aujourd'hui un restaurateur reconnu à Bruxelles, c'est un peu grâce à nous. Quand il a voulu vendre les gaufres Milcamps, j'ai accepté de sortir pour qu'il récupère 100% de son capital, ce qui lui a permis de vendre."

On ne peut s'empêcher de lui demander si, au fil de sa carrière, il ne pense avoir raté la montre en or, l'affaire qu'il ne fallait pas laisser filer. "J'y ai repensé ces derniers jours, honnêtement, je ne pense pas que l'on soit passé à côté de quelque chose." Au passage, il en profite pour saluer l'efficacité de son équipe, des gens très vigilants par rapport à ce qu'il se passe sur le marché, une attention de tous les instants qui permet de ne pas manquer cette montre en or. Il explique également que la SRIB a pour mission d'aller où les autres ne vont pas, ne veulent plus aller. "On a pris des risques et c'est normal. Ceux qui me critiquent parfois oublient cette dimension." Il l'a déjà dit, mais il le répète comme un mantra, impossible d'avoir 100% de réussite dans ce métier. "Et quand nous aurons 100% de

réussite, c'est que nous n'aurons pas pris assez de risques. Nous ne sommes pas là pour cela", explique-t-il avant de préciser faire parfois des coups que personne ne voulait faire. "En 2007, si nous ne prêtons pas 3 millions d'euros à Delvaux alors que tous les indices sont au rouge, on ne permet pas à la famille propriétaire de Delvaux d'acheter le temps nécessaire pour négocier et finalement dénicher Fung Brands qui s'avère être un partenaire exceptionnel."

Pourquoi y aller alors que tous les voyants sont au rouge? Parce que c'est son boulot, nous explique-t-il, parce que Delvaux est une boîte qui fournit encore de l'emploi artisanal et semi-industriel, parce que Delvaux est une marque emblématique de la Région. "Je me suis fait secouer de tous les côtés, à la fois parce que c'était très risqué, ce que j'ai assumé, mais aussi parce que certains trouvaient inadmissible que la SRIB finance une boîte active dans le luxe à Bruxelles. Comme si ce n'était pas une activité pourvoyeuse d'emplois", précise-t-il, avant d'infliger l'estocade finale. "Tout fait farine au moulin. Quand certains veulent vous critiquer, tous les arguments sont bons. Si nous n'avions pas octroyé ce prêt à Delvaux en 2007, la boîte ne serait plus là aujourd'hui."

Contre la bureaucratisation

Serge Vilain a du caractère, il le sait, il en a joué, il l'assume. À l'époque, certains lui ont reproché une certaine opacité, une volonté de passer en force, au nez et à la barbe de son conseil d'administration. "On ne peut pas être à la tête d'une maison comme la SRIB en fuyant ses responsabilités. Cela veut aussi dire qu'il faut pouvoir affronter son conseil d'administration. Il est vrai que de temps en temps j'ai expliqué mon point de vue avec fermeté et beaucoup de vigueur, mais je pense que cela fait partie des choses." En observateur avisé du tissu économique bruxellois, il a constaté bon nombre de changements. Le déclin de l'industrie de la capitale, la bulle informatique puis, plus récemment, l'ubérisation galopante.

Le changement de paradigme dans l'horeca, également, qui vit actuellement le déploiement de la caisse enregistreuse intelligente. Un mois après les attentats du 22 mars 2016, le gouvernement bruxellois, sur proposition de la SRIB, mettait sur pied un système de crédits de crise. Cinq millions d'euros ont ainsi été accordés et chaque fois qu'il s'agissait d'un établissement horeca, Finance.Brussels y a imposé la mise en place de la caisse intelligente.

Bureaucratisation

Enfin, il y a récemment eu le rapport dressé par EY, à la demande de la Région. Un rapport qui, dans ses grandes lignes, invitait l'invest à revoir à la baisse le nombre de ses filiales et à développer une réflexion stratégique. Vous voulez savoir ce que Serge Vilain en pense? Vous allez être servi. "Quand il y a un consultant, il faut qu'il sorte un peu des idées nouvelles sinon il ne sert à rien", commence-t-il, avant de confirmer qu'effectivement, il n'a jamais couché sur papier la stratégie que la SRIB suivait. On l'a récemment poussé à la faire, il a refusé, par élégance pour son successeur. "Il y a une tendance à la bureaucratisation qui est hallucinante. Je suis contre la bureaucratisation, on doit s'en protéger parce qu'elle pourrait étouffer l'esprit d'initiative. Je pense connaître suffisamment la bureaucratie pour savoir que ce n'est pas là qu'on a le plus de gens qui prennent des risques. C'est même plutôt l'inverse." Pour lui, c'est pourtant de cela dont on a le plus besoin: initiative et prise de risque. "Si on a besoin d'Assurancetourix chaque fois qu'on fait quelque chose, je n'aurais pas fait Mobistar, par exemple. La victoire a plusieurs pères, la défaite n'en a qu'un. Je savais que si on s'était planté dans Mobistar, j'aurais été l'unique responsable, mais cela ne me fait pas peur, j'ai assumé ce genre de risque toute ma vie."

Voilà comment une page se tourne. Serge Vilain l'assure, il a remis tous ses mandats liés à la SRIB. Et n'en a pas d'autre. "Je me suis totalement consacré à cette boîte que j'ai façonné de mes mains et qui est un peu mon bébé, je ne peux pas le nier, mais le bébé a grandi. C'est normal qu'il y ait un passage de relais."

Que va-t-il faire désormais? Partir en vacances, sept semaines. "Ensuite, vers la fin du mois de septembre, je vais un peu m'occuper de ma santé. Elle va bien, mais j'ai beaucoup d'insomnies que je dois à ce que j'ai fait ici". Et puis, affirme-t-il encore, ce ne sont pas les propositions qui manquent. A ce stade, il n'accepte ni ne refuse rien, il se donne le temps de réfléchir et s'il accepte quelque chose, il veillera à ce que cela l'amuse. "Je vais écrire la troisième page de ma vie et je l'envisage avec enthousiasme."

Enfin, un petit conseil à glisser à Pierre Hermant, son successeur? "Bonne chance. C'est un métier où il faut du savoir-faire, mais le facteur chance peut jouer. C'est ce que je lui souhaite. Je m'en vais avec un peu de nostalgie, mais je ne vois pas quel intérêt j'aurais de m'exprimer sur quoi que ce soit, ce serait unfair. Mon intérêt, c'est que la boîte se porte le mieux possible."

NICOLAS KESZEI ■